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L’ambition du “Scriptor”, son propos, disons son souci, son souci constant, fut d’abord d’aboutir à un produit aussi original qu’instructif, à un produit qui aurait, qui pourrait avoir un pouvoir stimulant sur la construction, la narration, l’affabulation, l’action, disons, d’un mot, sur la façon du roman d’aujourd’hui. (Georges Perec, La Disparition, Denoël)

Écrire un roman sans employer la lettre e est un défi colossal. Dans un dictionnaire usuel d’environ 54 000 mots français, on dénombre près de 45 000 entrées comportant la lettre e, soit 83 % des termes. Le même calcul sur les formes fléchies révèle que 84 % des mots accordés ou conjugués dans notre langue utilisent au moins un e. Ainsi, quelle que soit l’ampleur de votre vocabulaire personnel, pour réaliser un e-lipogramme vous devrez vous appuyer sur 16 % de votre capital.

Bilan de la dévastation

La grammaire e-lipogrammatique produit des contraintes extrêmement diffuses. Ainsi, le genre des substantifs employés occupe une fonction stratégique. Les noms masculins sont déterminables par l’article indéfini (un manuscrit, mais pas °le manuscrit) tandis que les noms féminins sont accessibles à l’article défini (la disparition) mais jamais à l’indéfini (°une disparition). Bien qu’elle connaisse des remèdes, cette dissymétrie générale entraîne une lancinante opposition entre un genre féminin connu et un genre masculin presque toujours indéterminé.

Un autre effet de structure apparaît immédiatement au lipographe débutant : l’hécatombe adverbiale résultant de l’impossibilité d’écrire –ment. Adieu les vraiment, rapidement, probablement, confusément... En fait, sur les 1518 adverbes que compte le Petit Robert, à peine 150 restent dans le tamis, dont quelques salutaires latinismes comme fortissimo, illico, incognito... Sur ce terrain, la mutilation touche donc 90 % du tissu lexical.

Les verbes connaissent aussi de considérables pertes. Aucun verbe du premier groupe (près de 6000 termes) n’est tolérable à l’infinitif (–er). Aucun verbe, quel que soit le temps, ne peut être conjugué à la deuxième personne du pluriel. Quant à la troisième personne du pluriel, indispensable au narrateur ordinaire, elle est interdite, sauf dans une petite centaine de situations concentrées sur le futur (voudront, iront, trahiront, mourront, pourront, etc.) et à titre exceptionnel sur six présents de l’indicatif : ont, sont, font, vont, parfont, satisfont.

Exit l’adjectif ou le participe accordé au féminin, à l’exception d’une poignée d’épicènes comme baba, coco, pop, parano ou autres locutions exotiques (honoris causa, tutti frutti...). On peut ici évaluer la perte sèche à plus de 10 000 formes fléchies.

Accessoirement, notez qu’en dehors des accentuations du e, évidemment exclues (é, è, ê, ë), le « e dans l’o » (œ) est logiquement proscrit (cœur, œuf, sœur, bœuf, fœtus...), ainsi que le « e dans l’a » (æ) qu’on trouve dans quelques termes érudits qui manqueront cruellement au romancier (althæa, cæcum, nævus, uræus...).

Enfin — et là se situe la plus sombre coupe — une flopée de mots-outils habituellement incontournables disparaît de notre vocabulaire. Mentionnons, parmi les articles : de, des, le, les... ; parmi les pronoms personnels : je, elle, me/te/se, le/les/leur, eux ; parmi les conjonctions : et, comme, que et ses composés (lorsque, parce que, puisque, quoique...) ; parmi les démonstratifs : ce et toutes ses flexions (ces, cet, cette, ceux, celui, celle, ceci, cela...) ; parmi les possessifs : mes/tes/ses, mien/tien/sien, notre/votre, nôtre/vôtre, leur/leurs...

Les pronoms usuels (relatifs, interrogatifs, indéfinis) sont pareillement décimés : que, quel, auquel, lequel, en, certains, personne, quelqu’un, rien... Pis encore, sur les 82 prépositions que possède le français, 52 sont sacrifiées (les deux tiers !), et pas les moindres : de, en, après, avec, chez, depuis, entre, malgré, vers, etc.

Après ce rapide aperçu du champ de bataille, il pourrait sembler hors de portée d’écrire sans e, ou du moins d’écrire ainsi un texte normal, déroulant une syntaxe naturelle et variée. S’amputer volontairement de et, de, le/les, en, une, est, que, se, ne, ce (quelques-uns des 30 mots les plus utilisés du français) conduit fatalement l’oulipien à reconstruire, outre son lexique, une méthodologie fondée sur l’esquive et le contournement de ses manières d’écriture.

Verbes et temps

Le temps e-lipogrammatique à préférer est le passé. En effet, le présent et le futur se montrent récalcitrants dans 99% des cas pour tous les verbes du premier groupe (en fait, seule la première personne du pluriel au présent de l’indicatif serait acceptable : nous aimons). À l’opposé, le passé simple et l’imparfait sont fertiles à toutes les personnes du singulier, c’est toujours ça de pris !

D’une façon générale, les verbes du deuxième et du troisième groupe vont se tailler la part du lion : la moitié des verbes du deuxième groupe (environ 150 termes) sont e-lipogrammatiques à l’infinitif (–ir), et donc au participe passé masculin (–i ), au participe présent (–issant), à toutes les personnes du présent, du conditionnel présent et de l’imparfait sauf vous et ils, à toutes les personnes du futur sauf vous, à toutes les personnes au singulier du passé simple, à la troisième personne du singulier de l’imparfait du subjonctif, à l’impératif (sauf vous).

Les verbes du troisième groupe (un peu moins de 400 entrées) ne comptent qu’une trentaine d’infinitifs e-lipogrammatiques, lesquels décrivent un chapelet hétéroclite de tables de conjugaison : parcourir, dormir, fuir, offrir, mourir, saillir, pourvoir, promouvoir, valoir, voir, savoir, pouvoir, avoir, ouïr... Il conviendra d’y ajouter 150 verbes dont une forme conjuguée au moins (souvent la troisième personne du singulier au passé simple, parfois plusieurs personnes à l’imparfait) est satisfaisante, par exemple : il survint, il parvint, j’acquis, il plut, il dut, tu concluais, il tordait, nous abattions, nous allons, tu paraissais, il fut...

L’élision est votre amie !

Une technique vous tirera de nombreuses impasses : l’élision du e en apostrophe. Grâce à elle, des opérateurs syntaxiques comme le, de, que, se... peuvent reprendre du service sous la forme l’, d’, qu’, s’... chaque fois que vous choisissez un successeur s’amorçant par une voyelle ou un h muet (nous dirons par la suite amorce vocalique).

Ici interviennent quelques astuces de réécriture. Voyons par exemple comment rendre e-lipogrammatique les propositions suivantes en recourant à l’élision :

(1a) — Que faut-il lui offrir ?

(2a) Le soupçon alla croissant dans la maison.

(3a) Paul se morfondait à Casablanca.

Pour obtenir une amorce vocalique aux emplacements indiqués, on usera bien sûr de la simple paraphrase, ou bien on tentera d’insérer dans le syntagme problématique un mot « rustine » (typiquement un adjectif antéposé entre déterminant et substantif), ou encore on sollicitera la permutation, l’inversion, le renversement des termes afin d’amener en bonne place une voyelle salvatrice :

(1b) — Qu’a-t-on à lui offrir ? (paraphrase)

(2b) L’accablant soupçon alla croissant dans la maison. (rustine)

(3b) Casablanca, Paul s’y morfondait. (renversement)

Avec l’expérience, ces jeux formels développent des automatismes qui vous conduisent de plus en plus vite à la solution optimale. Cependant, pour vous éviter de fastidieux recensements durant l’écriture, fabriquez-vous une boîte à outils où vous prédéfinirez, pour chaque stratégie, le matériau opératoire (v. plus bas).

Par exemple, la consultation d’une liste d’adjectifs « vocaliques » antéposables fait gagner un temps précieux chaque fois que vous mettez en œuvre la technique (2a) › (2b), c’est-à-dire lorsque vous avez besoin d’introduire un adjectif entre l’article défini et un substantif masculin singulier : le X › l’amusant X. Notez que la liste d’ajectifs profilés pour cette opération servira en d’autres contextes, par exemple des X › d’amusants X (quand des a valeur d’article indéfini pluriel).

NB. — Il ne suffit pas qu’un adjectif soit morphologiquement et phonétiquement satisfaisant pour répondre au critère imposé, il doit aussi être acceptable avant le nom et cela se juge essentiellement sur un plan littéraire : alangui est difficilement antéposable (°l’alangui quidam) alors que important « fonctionne » (l’important quidam). Après un rapide recensement, nous évaluons à une centaine le nombre d’adjectifs opérationnels dans cette configuration.

La détermination du groupe nominal

Même pour un lipographe averti, introduire un groupe nominal (sujet ou non) constitue un éternel retour au problème initial. Examinons quelques spécimens représentatifs de cette difficulté :

(4a) Des individus pas clairs l’ont suivi jusqu’à sa maison.

(5a) Les Anglais sont sûrs d’avoir vaincu.

(6a) Le baron d’Ochancourt apparut soudain dans un halo.

(7a) Il posa son butin sur le billard.

(8a) Mais pourquoi le caporal lui aurait-il fourni un alibi ?

Le répertoire des déterminants autorisés sera vite dressé : l’, la, un, d’, du, vos, nos, son, sa, ma, mon, ton, ta. S’ajoutent bien sûr les formes contractées (du, au, aux), les quantificateurs (tout, maint(s), moult, aucun, nul) ainsi que les « adjectifs numéraux » (trois, cinq, six, huit, dix, dix-huit, vingt, etc.).

On voit que le lipogramme favorise le dénombrement d’objets, d’autant plus qu’aucun déterminant ne permet d’introduire simplement un pluriel (les, des) à moins d’user d’un possessif (nos, vos). Les numéraux sont là pour pallier ce manque : des individus › trois individus.

Une détermination plurielle peut aussi être obtenue grâce à certains adverbes ou locutions accompagnant la quantification : plus d’un, pas mal d’, autant d’, trop d’. Observez que dans la plupart des cas, l’élision s’impose (de › d’). Notez aussi que le pronom pluriel ils, bien qu’acceptable, engendre quasi systématiquement un verbe conjugué en –ent. La transformation du ils en on (singulier) tire souvent le scripteur de ce cul-de-sac.

Outre la formule de l’adjectif antéposé, un autre moyen de contourner l’article défini masculin (le baron d’Ochancourt apparut soudain...) consiste à réintroduire le sujet par du ou au moyennant une modalisation ou une subordination de la proposition : on dit du baron d’Ochancourt qu’il apparut soudain....

Un pronom peut suppléer au nominal dans force contextes. Par chance, le corpus e-lipogrammatique reste généreux sur ce plan : tous, y, ça, on, chacun, aucun, d’aucuns, la (objet direct féminin), lui (objet indirect bisexuel)... pour les pronoms courants — outre moi, nous, soi, toi, tu, vous, il, lui parmi les personnels. Ajoutons-y les relatifs dont, où, qui, quoi avec éventuellement la forme élidée de que (qu’) et, dans des registres de langue moins courants : autrui, nul, quid, bibi, çuilà (les derniers termes remplacent avantageusement je et celui-là en contexte familier ou argotique).

Il ne faut pas négliger, enfin, les ressources purement narratives par lesquelles on parviendra à bousculer la fatalité apparente de l’article défini (le billard, le caporal). Bien souvent, il suffit en effet d’ajouter une information au syntagme cible pour déplacer le foyer nominal (le billard › la toison du billard) ou inverser le mode de détermination (le caporal › un si vaillant caporal). Dans les deux cas, observez comment la greffe sémantique agit profitablement sur la morphologie du texte. L’antéposition de l’adjectif à amorce vocalique (étudiée dans la section consacrée à l’élision) s’appuyait déjà sur cette technique.

Voici donc une batterie de solutions aux problèmes posés :

(4b) Trois individus pas clairs l’ont suivi jusqu’à sa maison. (dénombrement)

(5b) Pas mal d’Anglais sont sûrs d’avoir vaincu. (locution + élision)

(6b) On dit du baron d’Ochancourt qu’il apparut soudain dans un halo. (subordination)

(7b) Il posa son butin sur la toison du billard. (greffe nominale)

(8b) Mais pourquoi un si vaillant caporal lui aurait-il fourni un alibi ? (greffe adjectivale)

Adverbes, prépositions, mots-outils

Même interdits de e, les mot-outils logiques, causaux, quantitatifs, comparatifs spatio-temporels, etc., restent innombrables quand on examine complètement le lexique et les recombinaisons possibles. À partir de termes fondamentaux (à, au, tout, pour, par, moins, plus, mais, sans, autant, ainsi, aussi, sauf, pas, sinon, alors, etc.), on recompose une palette grammaticale fort variée.

Échantillons :

lieu, espace : dans, tout du long, autour, d’où, tout droit, du haut d’, du nord au sud, hors d’ici, ici, ici-bas, infra, jusqu’à, là, là-haut, loin, non loin (d’ici), où, par, par ici, par l’avant, par-ci par-là, parmi, partout, plus bas, plus loin, sous, sur, via...

temps, durée : d’abord, à jamais, à quand ?, à tout coup, à tout jamais, alors, au plus tôt, aujourd’hui, auparavant, aussitôt, avant d’/qu’, coup sur coup, puis, d’antan, du matin au soir, durant, jadis, jamais, lorsqu’, par trois fois, parfois, plus tard/tôt, pour lors, pour l’instant, pour toujours, puis, quand, sitôt, soudain, à l’instant, tandis qu’, tantôt, toujours, tout à coup, avant...

but, conséquence : afin d’/qu’, jusqu’à, pour, pour qu’, ainsi (donc), aussi, car, d’où, donc, ipso facto, pour la raison qu’...

cause, condition : à moins d’/qu’, si, à condition qu’, d’autant plus/moins qu’, du fait, par, pourquoi, pourvu qu’, puisqu’, voilà pourquoi, vu qu’...

manière : ainsi, haut la main, non sans mal, sans façon, à fond, à chaud, à tout va, court, dur, fort, haut, manu militari...

quantitatif : un chouïa, à foison, à gogo, au plus haut point, au point qu’—, autant, aux trois quarts, fort, gros d’, par trop, pas mal, plutôt, tout, trop...

comparatif : à l’instar d’, aussi, moins, plus, autant, plus ou moins...

affirmatif : oui, à coup sûr, d’accord, pour sûr, si, soit, tout à fait, voilà, çà...

négatif : pas, à aucun prix, mais non, point, ni, jamais, ni où ni quand, non, non (pas) qu’, non sans, pas du tout, sans façon, sans qu’, sinon, surtout pas...

opposition, exception : alors qu’, loin d’, mais, pourtant, nonobstant, par opposition à, plutôt qu’, pour autant, pourtant, quoiqu’, à part qu’, fors, hormis, hors qu’, sauf (à), sinon qu’...

option, conjonction : ou, ainsi qu’, ici — là —, mais aussi, puis, ou, plutôt, soit — soit —, tantôt...

Ces listes permettent de débroussailler la faune, mais il est utile de rechercher des « traductions » spécifiques pour rendre certains adverbes et prépositions usuels, comme dans les exemples suivants :

avec › non sans

en –issant › non sans –ir

selon, d’après › suivant

comme › aussi/plus/moins qu’, à l’instar d’

de plus, par ailleurs › par surcroît

manifestement › au grand jour

constamment › à tout propos, sans fin

tant bien que mal › cahin-caha, bon an mal an

facilement › haut la main

difficilement › non sans mal

en même temps › à la fois

ensemble › à l’unisson

un peu › un chouïa

beaucoup › moult, à foison, trop

malgré › nonobstant

presque › quasi, plus ou moins

complètement › tout à fait

vite › fissa, illico...

Les noms propres à la rescousse

En premier lieu, on aura soin d’utiliser le maximum de prénoms et patronymes « à amorce vocalique » (Olga, Igor, Anton...). La raison de ce choix est évidente : augmenter les constructions syntaxiques par élision du e (l’amour d’Olga pour Igor, un chat siamois qu’Anton adopta...).

Ensuite, on ne manquera pas d’exploiter les ressources anthroponymiques du français pour colorer un texte littéraire. Quelques personnages faciles à invoquer : Apollon, Bacchus, Bouddha, Bovary, Casanova, Cupidon, Dionysos, Don Juan, Guignol, Harpagon, Janus, Juda(s), Platon, Robinson, Sapho, Tarzan, Ubu...

Côté toponymes, vos personnages auront tout loisir de sillonner la planète par une soixantaine de pays : Afghanistan, Angola, Anguilla, Aruba, Bhoutan, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Canada, Chili, Congo, Cuba, Djibouti, Gabon, Ghana, Gibraltar, Guam, Guyana, Haïti, Honduras, Hong Kong, Iran, Iraq, Japon, Kazakhstan, Kirghizistan , Kiribati, Laos, Liban, Macao, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Monaco, Nauru, Nicaragua, Oman, Ouganda, Pakistan, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Porto Rico, Portugal, Qatar, Rwanda, Sahara, Saint-Marin, Salvador , Samoa, Singapour, Soudan, Sri Lanka, Tadjikistan, Taïwan, Tchad, Togo, Tonga, Tuvalu, Uruguay, Vanuatu.

Pour ne considérer que les villes françaises, nous avons recensé 7298 entrées e-lipogrammatiques dans un corpus de 39 000 mots, soit un taux de 19 % remarquablement supérieur à celui relevé dans le dictionnaire des noms communs. Comme d’habitude, on privilégiera les toponymes « à amorce vocalique », tels Ajaccio, Alaincourt, Anjou, Arcachon, Aubigny, Aulnay-sous-Bois, Avignon, Oradour, Isolaccio di Fiumorbo, Usclas du Bosc... La recherche de toponymes étrangers sera très fructueuse en Afrique, en Asie et en Amérique latine, peu coutumières du e terminal.

Moudre son grain

Il resterait beaucoup à forer. Pour automatiser vos collectes à partir de fichiers ou listes existants, faites appel aux logiciels de traitement spécialisés. Je vous recommande tout particulièrement awk (gawk dans sa version GNU — compatible avec la spécification Posix). Notez que ce langage de traitement orienté texte, issu de l’univers Unix, est accessible aux windoziens (utilisation en ligne de commande) via les distributions GNUWin ou CygWin.

Le langage awk permet d’appliquer très facilement, avec une efficacité redoutable, un tamis e-lipogrammatique à n’importe quel corpus. Voici un mini-programme bien commode, à adapter à vos besoins :

# ELIPO.AWK
# -----------------------------------
# Extrait les e-lipogrammes d'une table de mots
# Le graphème-cible est situé dans la 1ère colonne
# NB: champs séparés par tabulation
BEGIN {FS="\t"; OFS="\t"; ORS = "\n"; GRAPHEME=1;}
{ if ( tolower($GRAPHEME) ~ /^[^eéèêë]+$/ ) { print $0; } }

L’expression régulière ^[^eéèêë]+$ reconnaît tous les e-lipogrammes (parmi les mots en minuscules). Ajoutez œ et æ à la classe de caractères si votre fichier contient des lettres ligaturées.

Pour appliquer le filtre ELIPO.AWK au fichier toto.txt (le fichier résultant sera baptisé etoto.txt), il suffira de basculer votre système en ligne de commande et d’invoquer le programme ainsi :

gawk -f ELIPO.AWK toto.txt > etoto.txt

Modèle perecquien

Ultime conseil : lire et relire La Disparition de Georges Perec (éd. Denoël), qui regorge d’astuce et de poésie, selon un cheminement de plus en plus fluide à mesure que progresse l’aventure d’Anton Voyl. Comme quoi l’art lipographique façonne sa griffe et sa musique dans l’écriture elle-même. Et souvent, vous vous étonnerez des beautés naturelles de votre contorsion...

BlogNot! est une émission produite par Marc Autret depuis 2004, à consommer de préférence en cuves acclimatées aux spécifications XHTML et CSS.
Pour harceler la rédaction : marcautret(at)free(point)fr