nécro

Hommage à Michel Champendal

28.04.09      « C’est avec tristesse et douleur que nous venons d’apprendre le 28 avril le décès de Michel Champendal, son corps ayant été retrouvé et identifié dans le canton de Vaud en Suisse. » Ce message tombé ce matin sur le site des EMC fait suite à un avis de recherche lancé le mois dernier (cf. NEWS du 18.03), l’éditeur s’étant volatilisé le 6 mars aux environs de Genève. Cela faisait donc près de deux mois qu’il ne donnait plus signe de vie.

Ardent en tout, Michel Champendal tenait à la fois de l’érudit et de l’humaniste. Il aimait les mots et l’argot, la littérature et les littératures, Queneau et Boudard. Dans les cafés littéraires (de la Bastille ou d’ailleurs), on le remarquait à son enthousiasme débordant. La chaleur vitale qu’il dégageait avait comme une fragilité. Né en 1954, il donnait dans le soixante-huitard authentiquement et délibérément attardé. Sa fibre libertaire intacte, il était capable d’une détestation inouïe pour les symboles de l’autorité, pour les sébiles cléricales et pour les cymbales de la connerie en général. Ses proches témoigneront également du réacteur d’optimisme qu’il cultivait en lui-même : « Je n’ai rien d’autre à faire qu’aujourd’hui », cite Guy Darol dans un billet rédigé le 24 mars comme un appel à son ami en fuite. Michel se trompait parfois et revenait rarement sur ses pas. Sa passion pour l’humain ne s’est pourtant jamais diluée dans les amertumes. Il est resté en tous temps et en tous lieux le contraire d’un égoïste, l’antithèse d’un indifférent. Même ceux qui ne l’auront qu’entrevu, comme formateur à l’écriture, comme éditeur, comme militant, garderont cela de lui.

Un de ces films préférés était It’s a Wonderful Life, chef-d’œuvre de survivance à l’infortune tourné par Frank Capra en 1946. J’ai peur que Michel ait connu de trop près le pont du désespoir où George Bailey vient s’échouer vers le milieu du film. Et qu’aucun ange Clarence ne soit passé par là pour sauter avant lui.

http://www.champendal.com/ | Voir aussi « Michel Champendal a disparu »
[MàJ du 29.04.09] À lire aussi :
      — « Hommage à Michel Champendal » (collectif) ;
      — « Michel Champendal 1954-2009 » (Irène Delse) ;
      — « L’adieu à mon éditeur... » (Karine Carville) ;
      — « Hommage » (Duszka Maksymowicz) ;
      — « Michel Champendal est mort » (Livres hebdo).

écriture

« Ulysses », texteur multi-lames

Logo d’Ulysses (Blue-Tec)...

25.04.09      UrbanBike publie un papier foisonnant et richement imagé autour d’Ulysses. Non point le plexus romanesque déployé par l’inenterrable James Joyce dans les années 20, mais le traitement de texte Mac développé par Blue Technologies dans les années 00. Bien que l’outil testé par Jean-Christophe Courte se situe encore à plusieurs brasses du traitement de texte de vos rêves, concédons aux développeurs qu’ils portent l’effort dans la bonne direction :

Le défaut majeur des logiciels existants est leur incapacité à appréhender le processus d’écriture artistique. Un texte important n’est jamais rédigé d’une seule traite comme un unique document. Une histoire de 200 pages est l’amoncellement de nombreuses parties, la succession d’idées juxtaposées ou de retours en arrières par exemple ; tout cela précisément agencé en 800 pages contenant des dizaines de documents différents, des notes diverses, des Post-its disposés en marge de travaux quotidiens, de sous-bocks ou morceaux de nappes griffonées, d’envers de photos annotés.

[...]

Les documents perdent leur singularité, le concept de document en tant que tel devient caduc. Des éléments de texte s’articulent entre eux pour former un projet qui les regroupe. Chaque élément de texte possède deux attributs d’édition : « standard » et « note ». Tout formatage visuel disparaît (caractères gras, italiques, etc.) au profit d’un formatage hiérarchique : division de paragraphes en niveaux et balises de marquage.

(« Ulysses — Présentation rapide en français », The Blue Technologies Group, 2002-2009 — c’est moi qui souligne)

Ulysses semble donc particulièrement adapté aux grands chantiers d’écriture, ainsi qu’aux projets fondamentalement composites (ceux qui aspirent l’écrivant dans des kaléidoscopes rédactionnels et demandent une maintenance accrue de l’ensemble).

Comme nous nous en faisions la réflexion avec JCC, dans les univers Windows et Linux il semble que l’évolution des « éditeurs de texte » ait été quelque peu aimantée par la culture geek. Au-delà des applications comme Notepad++, ConText, UltraEdit, etc., qui sont clairement dédiées au développement de code — et sans parler bien sûr des « suites bureautiques » hérissées en zones industrielles —, la tendance a pas mal visité le concept d’outliner, c’est-à-dire d’éditeur arborescent dans lequel l’utilisateur peut déplier ses idées par grappes. Cette classe d’outils a permis de soulever concrètement une question méthodologique qui lancine depuis des années l’auteur informatisé : comment canaliser hiérarchiquement le capharnaüm ? comment superviser un flux de données en cours d’assemblage (les brouillons romanesques, la documentation journalistique, etc.) ?

Mais les Mac-users n’ont guère eu le loisir d’expérimenter des outils comme TreePad (vieil athlète, encore dans la course), TreeDBNotes (concurrent freeware du précédent) ou même, dans la catégorie tempête de cerveau, FreeMind. L’offre Mac se concentre visiblement sur des produits plus grand public, tel OmniOutliner, simple organiseur universel. De ce point de vue, Ulysses a déjà apporté une bouffée d’oxygène, sans pour autant reprendre à son compte les acquis fonctionnels des logiciels arborescents (création de branches et sous-branches à l’infini, triage des nœuds d’information, etc.).

Là où Ulysses paraît plutôt réussir son coup, c’est qu’il casse l’approche linéaire de l’écriture sans toutefois « éloigner » l’auteur de la page. L’ergonomie est traditionnellement ce qui manque aux machines à écrire kaléidoscopiques. Le logiciel que nous présente UrbanBike trouve peut-être la bonne distance entre les machines de guerre de l’informaticien boutonneux et le cosmos isotrope des traitements de texte « zen(1) » (WriteMonkey, WriteRoom, Q10...).

(1) Dits aussi « distraction free ».
http://www.urbanbike.com/index.php/site/ulysses-loutil-pour-ecrire-2/ | http://www.blue-tec.com/ulysses/international.php?lang=fr | http://www.mcelhearn.com/?p=183
Voir aussi : « Le traitement de textes de mes rêves ».

ebook

Marque-page de PDF

22.04.09      Un bon gros PDF de 700 pages acheté sur Apress ou Izibook, on ne va généralement pas se le tortorer d’une traite. Mon dernier exemple en date : Pro Drupal Development (8 Mo, 2e éd., août 2008) mis à jour par le gourou de Drupal John K. VanDyk. Dense, exigeant, c’est mon ebook de chevet depuis plusieurs semaines. Mon rythme de lecture épouse tant bien que mal le galbe capricieux de ma courbe d’apprentissage.

Sous Adobe Reader ou Adobe Acrobat, à mesure que l’on progresse dans la matière, on dispose des facilités naturelles de la navigation et de quelques outils d’annotation. Cependant, l’équipement le plus indispensable en pareille traversée — j’ai nommé le marque-page — n’est pas fourni par défaut. Alors, où le trouver ? Autrement dit : comment ouvrir automatiquement chaque PDF à la page où nous l’avions laissé en dernière consultation ? La réponse se cache dans la rubrique Édition / Préférences / Documents, où la zone « Paramètres d’ouverture » (« Open Settings » en English) produit une option intitulée « Restaurer les derniers paramètres affichés lors de la réouverture du document » (« Restore last view settings when reopening documents ») :

Marque-page de PDF...

Les dégustateurs de PDFs massifs auront vite compris l’intérêt de cocher cette petite case.


édition

« Éditeurs et auteurs associés » : l’édition à compte d’actionnaires ?

21.04.09      Jean-Paul Bertrand, responsable des éditions Alphée et vieux brisquard de l’édition populo-ésotérico-spirituelle au Rocher(1), vient de créer le label-portail Éditeurs et auteurs associés. Livres hebdo du 17/04 s’usait déjà les amygdales sur ce dernier concept marketing New Age signé JPB : proposer aux internautes de devenir actionnaires-coéditeurs des ouvrages à paraître sous l’enseigne Alphée / Jean-Paul Bertrand.

(1) Ex-directeur financier des Presses de la Cité, Jean-Paul Bertrand officie pendant presque trois décennies aux éditions du Rocher, maison monégasque créée en 1943. Au début des années 80, il la tire de sa pâle torpeur grâce aux prophéties nostradamiques (Nostradamus, historien et prophète, par Jean-Charles de Fontbrune, premier tome en 1981). Ce joli coup commercial conduira l’ancien comptable au sommet de l’organigramme. Il prend la tête du Rocher en 1984 et rachète la boutique en 1987. Au milieu de l’année 2005, le fonds de commerce est revendu et partagé entre Privat — propriété des Laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre — et Gallimard. Cf. La République des lettres, juin 2005.

« Alors que la production participative fait déjà ses preuves dans l’univers musical, explique l’hebdo en ligne, Jean-Paul Bertrand propose aux internautes de souscrire entre 1 et 50 parts de 24 euros sur 1 000 prévues par titre après avoir pris connaissance sur le site des manuscrits des livres à paraître dont 20 à 25 % du contenu seront disponibles à la lecture. Ces actionnaires d’un nouveau genre seront ensuite intéressés aux ventes et pourront voir leur nom apparaître sur le livre comme coéditeur. [...] Ouverte à tous, cette opération réserve toutefois quelques avantages particuliers aux libraires, comme un partenariat personnalisé et une surremise de 5 %. »

Lorsqu’il ranima Alphée en 2005 — marque laissée en friche pendant plus de trente ans —, Jean-Paul Bertrand voulait resserrer ses choix éditoriaux tout en élargissant son « ambition de proposer des livres qui apportent une forme de purification au niveau de l’esprit et une élévation au niveau de la spiritualité(2) ». Reste à voir maintenant si les tribus du Vouaib 2.0 sont prêtes à s’initier aux ablutions financières.

(2) « Entretien avec J.-P. Bertrand », catalogue ALEF, sept. 2006.

NB. — L’expression « édition participative » employée dans Livres hebdo peut être source de confusion chez les jeunes auteurs habitués à esquiver des contrats d’édition dits « participatifs ». Sauf heureuse exception, l’emploi du mot participatif dans un prétendu contrat d’édition caractérise pudiquement des pratiques de compte d’auteur panaché ou de nature analogue. L’adjectif est d’emploi fréquent chez les prestataires qui prétendent bâtir l’économie de leur contrat sur une « modique » participation financière de l’auteur... En dehors de ces contrats fallacieux, le terme participatif fait plutôt référence à la notion (financière) de titre participatif : « valeur tenant de l’action et de l’obligation, dont une partie de la rémunération est indexée sur le bénéfice... » (Le Robert).

www.livreshebdo.fr/(...)/jean-paul-bertrand-se-lance-dans-l-edition-participative/2943.aspx | http://www.editeursauteursassocies.com/ | Voir aussi 150 questions sur l’édition

web

Comment contourner la censure de Google France

06.04.09      En février, Irène Delse m’a fait l’amitié de relater le dernier rebondissement de « l’affaire Thélès », relation assez précise et probante pour m’épargner la peine d’un nouvel article de fond sur le sujet. Il me suffira donc de rappeler que Thélès est une société d’édition à compte d’auteur qui s’estime victime de diffamation, de dénigrement, de parasitisme — quand ce n’est pas de « contrefaçon de marque ». L’article responsable de cette agitation a été publié dans BlogNot ! le 12 juin 2007, un article documenté et critique qui s’est retrouvé trop bien positionné dans Google aux yeux des avocats de Thélès. C’est ainsi que depuis mars 2008, ces derniers tentent diverses stratégies basées sur l’intimidation judiciaire(1), sachant que les recours usuels sont largement prescrits.

(1) J’ai rendu compte de la première salve dans ce fil de news : v. « De la contrefaçon par meta-tags » et « Affaire Thélès » : suites ?.

Ainsi donc, en février 2009, mon contradicteur a tout bonnement réclamé à Free, mon hébergeur, le « retrait de l’ensemble des pages diffamatoires concernant les EDITIONS THELES contenues sur le site de Marc Autret et l’ensemble des sites qui sont liés ». Le service juridique de Free m’a répercuté cette réclamation et a eu l’intelligence d’attendre les explications de mon avocat avant d’envisager des mesures contraignantes. Mon avocat a notamment fait observer à Free que la réclamation de Thélès « ne respect[ait] pas les mentions prévues par l’article 6, I, 5o de la loi no 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. Cet article exige en effet que la notification contienne notamment “les motifs pour lesquels le contenu doit être retiré, comprenant la mention des dispositions légales et des justifications de faits”. L’absence d’une de ces mentions fait obstacle à ce que la responsabilité de l’hébergeur soit engagée (arrêt de la cour d’appel de Paris, 14e chambre, section A, du 12/12/2007, aff. Google Inc / Benetton, Bencom). »

En clair, la responsabilité civile de l’hébergeur ne pouvait être engagée sur la foi d’un simple courrier de réclamation ne précisant aucun fondement légal. Et sur le fond, nous ajoutions l’argument suivant : « la société FREE n’a aucune qualité ni compétence pour porter une appréciation sur l’existence ou non d’un dénigrement et d’une activité de parisitisme économique dans le domaine de l’édition à compte d’auteur. Cette question est complexe et nécessite la confrontation d’argumentations contradictoires, ce qui fait que seul un juge serait compétent pour déterminer s’il y a ou non un tel dénigrement, et sur quels fondements de droit. Or la procédure de notification à l’hébergeur mise en œuvre par les éditions Thélès ne peut s’appliquer qu’à un contenu manifestement illicite, ce caractère ne présentant aucune contestation possible, comme il résulte de la réserve d’interprétation de l’article 6 de la LCEN par le Conseil Constitutionnel (CC, décision no 2004-496 DC du 10 juin 2004, § no 9). »

Cet aparté juridique montre que le réflexe de la censure immédiate — réflexe auquel s’abandonnent certains hébergeurs sitôt pressurés par des avocats(2) — ne se nourrit pas toujours au bon influx nerveux.

(2) Cf. par exemple La Lettrine vs L’Agence littéraire de Versailles, oct. 2007. Et sur BlogNot ! : « L’Agence littéraire de Versailles effraie la chronique ».

On l’aura deviné, Thélès s’est également adressé à Google afin d’obtenir l’éviction de l’article litigieux. Avant cette intervention, l’article en question occupait le troisième rang pour le mot-clé « thélès ». Aujourd’hui le lien a disparu, Google précisant toutefois (en bas de page) : « En réponse à une demande légale adressée à Google, nous avons retiré 1 résultat(s) de cette page. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette demande, vous pouvez consulter le site ChillingEffects.org. »

On peut évidemment s’étonner de la facilité avec laquelle, apparemment, n’importe quelle société mécontente d’un article trop pertinent à son sujet peut contraindre Google, sans fondement juridique, à censurer le lien. Mais le point le plus édifiant n’est pas là. Début février, tout en avisant mon avocat que l’adversaire revenait à la charge, je vérifiais régulièrement les réponses données par Google pour la requête « thélès » et constatais, avec une sorte de soulagement démocrate, que l’article de BlogNot ! tenait toujours son rang... Or, j’étais le jouet d’une illusion, l’article avait déjà été éradiqué, et je dois à Irène Delse de m’avoir détrompé. Dans un courriel du 10/02/09, peu avant de publier son propre billet sur le sujet, elle m’indique : « J’ai fait le test il y a quelques minutes sur les mots-clefs “theles”, “Thélès”, “éditions Thélès” et même “Thélès” + “Autret” et chaque fois, le papier n’apparaît plus sur la première page. » Comment était-il possible que je n’obtienne pas les mêmes résultats qu’Irène ?

Un petit détail de rien du tout s’en vint alors ressurgir à ma conscience. Depuis quelques années, j’ai configuré les barres de recherche de mon navigateur (Opera) pour qu’il invoque toujours Scroogle en lieu et place de Google (pour les détails techniques, cf. « Configurer Scroogle pour Opera », janv. 2007). Ce dispositif(3) fait que toutes mes requêtes transitent par Scroogle et que l’anonymiseur me renvoie par paquet de 100 des résultats issus de Google, sans que jamais je n’interroge directement Big Brother.

(3) Il faut préciser ici que Scroogle est configurable pour une langue donnée. L’interface de mon navigateur présente une zone « Scroogle (EN) » (qui couvre le Web anglophone) et une zone « Scroogle (FR) » (qui couvre le Web francophone). Dans le cas qui nous occupe, j’interrogeais évidemment Scroogle (FR) afin de collecter les résultats en français.

Dans un premier temps, il m’a paru logique de conclure qu’un système de cache retardait l’actualisation de Scroogle par rapport à Google. Cela eût expliqué que la censure de mon article dans Google ne fût pas encore répercutée vers Scroogle. Mais semaine après semaine, mon Scroogle configuré en français continuait de renvoyer en troisième position l’article banni de Google. J’ai refait le test aujourd’hui :

Un article récalcitrant, toujours visible sur Google.com...

Comparez par vous-mêmes :
      — requête « thélès » sur Scroogle (FR)
      — requête « thélès » sur Google.fr

D’où vient la différence ?

N’étant pas diplômé en googlologie, j’ai mis un temps astronomique à réaliser que Scroogle, quoique configuré pour ratisser le Web francophone, interrogeait en fait google.com avec le paramètre lr=lang_fr, et non pas google.fr. Or, comme vous allez le vérifier maintenant, la requête « thélès » sur Google.com (en français) réhabilite le lien censuré sur Google France !

Une investigation très superficielle montre que l’autocensure chez Google est de prédilection chinoise, française et allemande. Un article publié en 2006 sur Insanecats.com — alors que le scandale Google China faisait rage — laissait déjà mesurer l’inclination au self-censorship de Google France et Google Germany. Nos lecteurs hexagonaux ne seront pas surpris de retrouver le pays de Voltaire parmi les administrations phares de la guillotine numérique. Ceci explique quelques initiatives, déjà anciennes, telles que ce « Comparateur de censure sur Internet » (sos-reporters.net).

Bien entendu, le nettoyage de Google va très au-delà du triangle franco-germano-chinois. Les mécanismes mis en place dans le DMCA américain et les voies d’évacuation comme Chilling Effects tendent à accroître les réclamations abusives. Numerama donnait en mars quelques chiffres « glaçants » :

Google est inquiet des accusations infondées dont pourraient faire l’objet les internautes. Il note que lui-même reçoit dans le cadre du DMCA américain 57 % de demandes de retraits de contenus qui concernent en fait des contenus d’entreprises concurrentes de celles peu scrupuleuses qui cherchent à les faire disparaître, et 37 % de demandes de retraits de contrefaçons qui ne sont « pas valides ». Ce qui fait au final peu d’accusations fondées.

(Guillaume CHAMPEAU, « Google s’oppose à la riposte graduée », Numerama, 17.03.09)

Cependant, il est facile d’expliquer que si les réclamations sans fondement juridique provoquent des réactions pusillanimes chez Google France (principe de précaution, etc.), ces avatars franco-français n’émeuvent guère les responsables de la maison-mère dans la Silicon Valley. Ainsi, ce qui est censuré sur Google.fr est généralement visible depuis Google.com paramétré en français. Encore faut-il le savoir et ouvrir le compas en conséquence car, par défaut, c’est Google France que les navigateurs en VF installent à leurs tétines.

À vous de voir si vous changez de laiterie...

Chronologie du dossier:
      — « À propos des éditions Thélès »
      — « De la contrefaçon par meta-tags »
      — « Affaire Thélès » : suites ?
      — www.irenedelse.com/2009/02/10/(...)
      — www.chillingeffects.org/(...)
Rappel : « Configurer Scroogle pour Opera »

BlogNot! est une émission produite par Marc Autret depuis 2004, à consommer de préférence en cuves acclimatées aux spécifications XHTML et CSS.
Pour harceler la rédaction : marcautret(at)free(point)fr